Après trois semaines passées ensemble à L’Astrée, à Petit-Trou-de-Nippes, la deuxième résidence Nou Kapab s’est achevée le 21 août 2026. Trois semaines pour apprendre, essayer, débattre, créer, prendre la parole, mais aussi vivre ensemble.
Pour marquer la fin de cette première étape, les participantes et l’équipe se sont retrouvées pour une soirée de clôture qui leur ressemblait : un peu de bilan, beaucoup de rires, des récompenses, et surtout une question tournée vers l’avenir : qu’est-ce qui commence maintenant ?

Trois semaines pour prendre sa place
Pendant la résidence, les participantes ont exploré la citoyenneté, le pouvoir, le leadership féminin, la prise de parole, le genre, la négociation, la protection et la solidarité, l’action communautaire. Elles ont aussi été placées dans des situations où il fallait argumenter, négocier, décider, convaincre et construire avec les autres.
Au moment du bilan, les activités les plus souvent citées parmi les plus utiles ont été Prendre la parole et Femme, leader légitime, suivies de Genre et pouvoir et de l’atelier de négociation. Le théâtre-forum, moins souvent retenu dans le classement formel, revient particulièrement dans les réponses ouvertes comme une expérience marquante.









Cette progression apparaît aussi dans leur propre évaluation. Sur une échelle de 1 à 5, les 16 participantes évaluent leur expérience globale à 4,75, et le soutien reçu de l’équipe d’encadrement à 4,88. Elles se donnent également des scores élevés sur plusieurs des dimensions au cœur de Nou Kapab : comprendre le pouvoir (4,81), agir comme citoyenne (4,75), prendre la parole (4,69), se reconnaître légitime comme leader (4,50) et passer du problème à l’action (4,44).
Mais les chiffres ne disent pas tout. Dans leurs réponses, les filles parlent aussi d’avoir osé parler malgré leur timidité, découvert leurs capacités, appris à défendre leurs idées, mieux compris leurs droits et le rôle des autorités, et développé l’envie de transmettre à d’autres filles ce qu’elles ont appris.
Vivre ensemble faisait aussi partie de l’apprentissage
Nou Kapab est une résidence. Pendant trois semaines, apprendre ne se passe donc pas seulement pendant les ateliers.
Partager les chambres et les repas, négocier les horaires, se découvrir des habitudes différentes, créer des amitiés, gérer les désaccords, s’entraider : la vie collective fait elle aussi partie de l’expérience.
Les participantes évaluent à 4,75/5 la création de liens et à 4,25/5 ce qu’elles ont appris grâce aux autres. Dans leurs réponses reviennent les mots famille, sororité, écoute, confiance, tolérance, soutien et vivre ensemble.











Tout n’a pas été parfait pour autant. Certaines participantes ont signalé des tensions ou des moments où elles ne se sont pas senties pleinement respectées ; parmi les pistes proposées figure notamment la mise en place d’une boîte anonyme. D’autres auraient souhaité davantage de temps entre filles, un rythme moins intense — et, très concrètement, moins de moustiques.
Ce bilan fait lui aussi partie de Nou Kapab : identifier ce qui a fonctionné, entendre ce qui doit être amélioré et utiliser l’expérience d’une cohorte pour préparer la suivante.
Une dernière soirée, et les Kle 2026
Il fallait néanmoins terminer ces trois semaines comme elles avaient été vécues : ensemble.
Pour la soirée de clôture, les participantes avaient voté pour les Kle de la cohorte, des prix destinés à rire ensemble et à reconnaître les personnalités qui avaient animé la résidence : la comique, la bavarde, la dormeuse, la mannequin, la retardataire, la zuzu, la maman, la danseuse, la chanteuse ou encore la coiffeuse du groupe.
Puis sont venues les distinctions principales.
Aude-Marly Pierre-Louis a reçu le Kle Meilleure Ewoyin Lakay, qui récompensait la pertinence du choix, la qualité de la présentation et la force d’inspiration. Le Meilleur pitch est revenu à Nailande Muscar, Herchelle Charles et Wood-Mylla Dunas, du Club de Plaisance-du-Sud. Woodline Vramblin a été désignée Meilleure sœur, pour son écoute, son entraide, sa bienveillance et sa contribution à la cohésion du groupe.
Des mentions spéciales ont également salué les progrès de Michaelle, Lovenie, Karisa et Nephtalie.
Enfin, trois distinctions reprenaient les trois verbes qui résument l’ambition du programme.
Nou La, pour la présence, l’assurance, la prise de parole et la capacité à prendre sa place, a été attribué à Nailande Muscar. Nou Kapab, qui récompense la progression, les apprentissages, la confiance et le dépassement de soi, a distingué Jeanne Sulgarne Pierre et Wood-Mylla Dunas. N ap Aji, consacré à l’initiative et au passage des idées à l’action, est revenu à Dieuna Franklin.
La résidence s’achève. Nou Kapab continue.
La soirée marquait une clôture, mais pas la fin du programme.
Interrogées sur ce qu’elles comptent faire après la résidence, les 16 participantes se projettent dans la suite : 14 répondent « oui, certainement » à la poursuite de leur engagement et deux « probablement ». Elles veulent notamment créer ou faire vivre leur Club Nou Kapab, partager leurs apprentissages avec d’autres jeunes, réaliser leur projet communautaire et organiser à leur tour des activités.
C’est désormais cette deuxième étape qui commence. Après les trois semaines de résidence viennent les projets, les clubs, l’action dans les communes et l’accompagnement des participantes au cours de l’année.
Soutenu par la W.K. Kellogg Foundation, Nou Kapab est conçu comme un incubateur de leadership et d’engagement citoyen : la résidence ouvre le processus, elle ne le termine pas.
La cohorte 2026 est arrivée à L’Astrée comme un groupe de jeunes femmes venues de territoires et d’horizons différents. Trois semaines plus tard, elles repartent avec des apprentissages, des liens, des projets — et la responsabilité de voir ce qu’elles vont maintenant en faire.
16 filles. Une cohorte. Et la suite commence maintenant.