Quand nos filles prennent la parole : Elles jouent, elles dénoncent, elles résistent.

À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, nous avons confié à nos filles de Nou Kapab une mission des plus pertinentes : la conception de théâtres forums portant sur la participation politique des femmes. L’objectif était clair : sensibiliser les membres de leurs communautés à une problématique qui demeure, hélas, d’actualité.
En effet, la représentation des femmes en politique continue de susciter des résistances. L’une des causes est que, dès l’enfance, lorsque les filles expriment les métiers qu’elles souhaiteraient exercer plus tard, on leur fait comprendre que la politique est une affaire d’hommes et qu’elle n’est pas faite pour elles.
Aussi, nous leur avons proposé une trame narrative précise. Chaque jeune fille devait mettre en scène une protagoniste confrontée à l’opposition de sa mère, de son père et de son frère. Ces derniers devaient exprimer leur désaccord face à son ambition politique, en avançant des arguments désormais familiers : « La politique n’est pas pour les femmes », « Il vous faut changer de vocation ». Néanmoins, la jeune femme devait persévérer malgré ces pressions familiales.

Elles prennent la scène, elles prennent leur place
Toutefois, certaines d’entre elles ont choisi d’enrichir ce canevas initial. C’est notamment le cas de Daisha, qui a présenté sa création dans le cadre d’une activité scolaire. Afin de renforcer le réalisme social de sa pièce, elle a introduit un personnage supplémentaire : une dame fréquentant la même église que sa mère. Cette adjonction s’est révélée particulièrement judicieuse, car elle mettait en lumière une dimension souvent occultée : le rôle des femmes elles-mêmes dans la perpétuation de certaines normes genrées.
Par ailleurs, les autres participantes ont également apporté leurs contributions personnelles, adaptant le scénario à leur propre contexte. Au final, l’ensemble des représentations s’est déroulé avec succès. À cet égard, les retours recueillis se sont avérés particulièrement encourageants.
En définitive, cette initiative nous a permis de toucher un public conséquent — estimé à une cinquantaine de personnes — et de susciter des échanges constructifs sur un sujet trop souvent éludé. Par conséquent, nous pouvons affirmer que nos filles ont pleinement assumé leur rôle de passeuses de messages, démontrant avec brio que la sensibilisation passe aussi par l’art et l’engagement personnel.