
Depuis des années, nos espaces de délibération citoyenne se vident comme par enchantement maléfique. Les élections ? Absentes depuis 2018. Les municipalités ? Fragilisées jusqu’à la corde. L’espace public de la capitale? Devenu plus dangereux qu’une salle de bal en émeute. Dans ce chaos, la gent féminine paie le plus lourd tribut, reléguée dans l’ombre malgré son rôle central dans la cohésion communautaire.
Pour pallier ce problème, l’Initiative Fok Yo La a un objectif précis : rétablir la présence des femmes dans les espaces de dialogue dont elles ont été si cruellement écartées. Pour ce faire, quatre assemblées publiques (Town Halls) et huit ateliers sont planifiés dans la région du Grand Sud.

Le moment fort de l’événement aura lieu de huit heures à dix heures du matin – moment stratégique pour un maximum de productivité. En second lieu comprendra également des ateliers participatifs axés sur plusieurs thématiques : l’élaboration d’une vision en tant que candidate; les techniques pour se présenter efficacement; et l’identification de solutions concrètes pour contrer la sous-représentation des femmes dans la sphère politique haïtienne. Le thème ? « Être femme décideure politique en Haïti ». Le tout animé par madame Monique Clesca, notre cheffe de projet.
Ainsi, notre question est révolutionnaire:« Les femmes constituent plus de la moitié de la population. Dès lors, comment expliquer que leur représentation aux postes de décision soit une denrée aussi rare que l’électricité stable en Haïti ? » Nous pourrions faire le parallèle avec le Rwanda, où les femmes représentent 60 % des sièges au parlement, ou encore le Sénégal, le Brésil et le Chili. Ces pays ont compris qu’ignorer la participation des femmes au gouvernement revient à « danser sans musique » : c’est faisable, mais d’une maladresse flagrante.
Les obstacles ? La violence structurelle transforme l’engagement féminin en acte de bravoure suicidaire. L’insécurité qui fait de la participation un parcours du combattant. Ce plafond de verre si transparent mais si solide qu’il devient invisible à ceux qui ne le subissent pas.
Mais ce qui est le plus enthousiasmant, ces Town Halls ne sont pas ces réunions fastidieuses où l’on parle pour ne rien dire. Non. Ici, les femmes ne se contentent pas de commenter la politique,
Elles y définiront des positions claires, établiront des priorités et élaboreront des propositions concrètes. Notre unique boussole : la recherche de solutions par une approche participative.
Autorités municipales, représentantes des CASECs et ASECs, jeunes filles des clubs Nou Kapab – tou.te.s seront réunies pour un dialogue de pair.e à pair.e. Chaque mot sera écouté, chaque idée prise en compte. Mais encore, les propositions finales seront collectées, synthétisées et rendues publiques. Nous attendons plus de 200 participantes – chiffre modeste mais trompeur. Car chacune rentrera chez elle pour mobiliser ses pairs, ses voisines, ses filles, modifiant progressivement les attitudes de la communauté.

Gardez vos yeux rivés sur le Grand Sud. Une révolution est en marche – celle de la parole libérée, de la participation légitimée, et de la démocratie complète. Restez connecté.e.s à nous sur nos réseaux, que ce soit sur Instagram, facebook, tiktok ou X. Abonnez vous à notre lettre d’information. Pou sa chanje, fok fanm yo la.