Cyclone Mélissa – dégâts et ravages

 

La semaine passée, le cyclone Melissa a balayé le Sud d’Haïti, laissant derrière lui des pluies diluviennes, des coupures d’électricité et une angoisse palpable. Mais au cœur de cette tourmente, une autre force s’est manifestée : celle de la solidarité. Dans les clubs de jeunes filles soutenus par notre réseau, la peur a cédé la place à un élan collectif d’entraide et de bienveillance.

Dès les premières alertes, les échanges se sont intensifiés. Appels, messages de groupe, vérifications mutuelles : chacune cherchait à s’assurer de la sécurité des autres. « On s’écrivait presque chaque heure. Même sans électricité, certaines utilisaient la batterie de leur téléphone juste pour dire je vais bien », raconte Lexpennecia, membre d’un club de Torbeck.

Abigaëlle, de Saint-Louis du Sud avait peur que le vent emporte le toît de sa maison. 

 Ces gestes simples, répétés, ont contribué à réduire la peur.

Si les clubs avaient jusqu’ici pour mission principale la formation civique et l’expression des jeunes filles, ils se sont révélés, dans la tempête, comme de véritables refuges sociaux.

« Ce n’est plus seulement un espace d’activités, mais une famille », confie une participante. « Quand tout semblait s’effondrer dehors, j’ai trouvé du réconfort dans nos échanges. »

En dépit des coupures de courant et des routes impraticables, les coordinations locales ont continué à communiquer avec les membres, souvent via de simples messages vocaux ou des notes partagées entre téléphones.

Certaines réunions prévues ont été réorganisées à distance, d’autres reportées. Mais la dynamique du réseau ne s’est jamais arrêtée. À travers la tempête, les membres ont su adapter leurs modes de communication, maintenir le lien et poursuivre leur mission.

Cette flexibilité a prouvé que l’engagement communautaire ne dépend pas uniquement des conditions extérieures, mais de la capacité collective à s’organiser et à se soutenir.

Au lendemain du cyclone, alors que le calme revenait peu à peu, le bilan humain et émotionnel s’accompagnait d’une constatation encourageante : les clubs sortent renforcés de l’épreuve.

Melissa a rappelé la fragilité des infrastructures, mais aussi la solidité des liens humains. En plaçant la solidarité féminine au centre de la réponse communautaire, ces jeunes femmes ont démontré qu’il est possible de résister aux tempêtes, qu’elles soient naturelles ou sociales.

« Ce que nous avons vécu prouve que notre plus grand abri, ce n’est pas un toit, mais notre esprit d’unité », commente Dayane.

 

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